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Savoir-faire, artisanat et matière

Savoir-faire, artisanat et matière
Le secteur de la construction traverse une mue profonde. Peu à peu, les techniques et les technologies traditionnelles — celles qui dialoguaient avec la terre, la paille, le bois, le vent, l’eau, le climat —sont délaissées au profit de solutions dites « modernes », souvent importées, rarement maîtrisées, trop coûteuses et souvent inadaptées aux réalités du terrain. Le béton, devenu parpaing, est désormais considéré comme un matériau local, presque naturel. Il est aujourd’hui, pour beaucoup, la seule option techniquement et économiquement accessible, y compris lorsqu’il se révèle contre-productif.

Pourtant, la construction en terre pourrait être le véritable tremplin vers une production massive de logements durables, abordables, résilients, avec une empreinte carbone maîtrisée. Pourquoi peine-t-elle à s’imposer ?Parce que les acteurs du secteur sont peu qualifiés pour porter un modèle alternatif. Parce que les artisans maîtrisant les savoir-faire ancestraux se raréfient. Parce que la chaîne de valeur est pensée pour l’importation, pas pour l’invention.

En Guinée comme au Sénégal, des centres métiers du bâtiment existent. On pourrait y célébrer les savoir-faire locaux, mais ils sont trop souvent éclipsés par des technologies modernes, séduisantes en apparence, inaccessibles en pratique. 

Il est urgent d’imaginer autre chose : une démarche de recherche appliquée, un atelier hors les murs, un espace de fabrication du projet architectural inspiré de l’esprit de Ravereau et de son « atelier du désert ».Un lieu d’expérimentation où l’on teste des solutions locales, où l’on met à l’épreuve la matière, où l’on conçoit dans un processus itératif un progrès négocié, ajusté au réel. Un lieu qui n’a pas peur de recommencer, d’apprendre, de se tromper, de transformer. 

Des initiatives existent déjà. 
Nous voulons aller plus loin :
→ en développant des prototypes sur des projets de rénovation et de réhabilitation de villas urbaines ;
→ en substituant progressivement le béton par des matériaux naturels et accessibles ;
→ en préparant une montée en échelle sur des projets plus ambitieux;
→ en professionnalisant les artisans dans tous les corps de métier.

Car ce n’est qu’en bâtissant une masse critique de gestes, de pratiques, de savoir-faire que nous pourrons créer une filière nouvelle, populaire, durable.

Oui, cela sort du schéma classique de la maîtrise d’œuvre, où l’architecte conçoit mais ne réalise pas, pour des raisons de responsabilité ou d’assurance.

Mais il ne s’agit pas de renier la discipline architecturale. Il s’agit de la réancrer. De la ramener au contact de la matière, des gestes, des climats,des nécessités, des modes de vie.

De faire de l’architecture non seulement un art ou une technique,mais un processus vivant, partagé, nourri par les archétypes locauxtout autant que par les inventions à venir.

Nous appelons à une architecture qui n’oppose plus tradition et modernité, mais les articule. Une architecture qui ne subit plus les technologies, mais qui les choisit. Une architecture qui ne s’impose pas au territoire, mais qui s’accorde avec lui.

Une architecture qui écoute, qui apprend, qui fabrique — et qui, ce faisant, réinvente.
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